Un relevé sourcé de la gestion de parc et des stocks en 2026 : les marchés et leur taille, les problèmes qui continuent de coûter de l'argent, et les tendances qui changent la façon de suivre son matériel.
Données arrêtées en juillet 2026.
Les termes, définis
« Gestion de parc » recouvre plusieurs métiers distincts qu'on emploie l'un pour l'autre, et c'est la moitié de la raison pour laquelle les chiffres de marché plus bas ne s'accordent pas. Petit glossaire.
- Gestion de parc : le terme générique pour suivre et entretenir ce qu'une entreprise possède. En anglais, la même expression désigne aussi la finance qui place l'argent des clients ; ici, tout parle de matériel, pas de placements.
- EAM (enterprise asset management) : gérer les biens physiques sur tout leur cycle de vie, de l'achat à la maintenance puis au rebut. L'objectif est la disponibilité ; c'est le plus large des termes opérationnels (IBM Maximo, Hexagon, Infor).
- Suivi du matériel : savoir au jour le jour où est un équipement et dans quel état, par codes-barres, étiquettes QR ou NFC, RFID ou GPS. Une brique de l'EAM plutôt qu'une discipline séparée, et c'est là que se situe UNIO24.
- GMAO et APM : les systèmes orientés maintenance à l'intérieur de l'EAM. Une GMAO fait tourner les ordres de travail et les plans de maintenance préventive ; l'APM (asset performance management) y ajoute la surveillance d'état et le prédictif.
- ITAM : la même idée appliquée à l'informatique, partagée entre HAM (le matériel : portables, serveurs, réseau) et SAM (licences, conformité, dépense). Voir notre page gestion de parc informatique.
- Gestion des immobilisations : la vue comptable des mêmes biens, suivis pour l'amortissement, la fiscalité et l'audit plutôt que pour l'exploitation.
- Gestion de stock : pas une discipline du parc du tout. Elle porte sur ce qui circule dans l'entreprise (matières premières, consommables, marchandises), pas sur le matériel que vous gardez et réutilisez. La ligne est détaillée dans inventaire ou immobilisation.
Les problèmes de fond
Pour toutes ces catégories de logiciels, l'outil par défaut dans les PME reste le tableur. La lecture la plus nette vient du State of Small Business Report de Wasp Barcode : 16 % seulement des petites entreprises utilisaient un logiciel dédié de suivi du matériel, derrière les 32 % sur tableur et à peine devant les 12 % encore au papier. L'enquête est ancienne (2016-2017), et reste l'une des rares ventilations propres au matériel.
La même inertie tient en 2026, et je le confirme de notre côté. UNIO24 publie une série de trames gratuites — gestion de parc sur Excel, tableau d'inventaire du matériel, inventaire informatique sur Excel, inventaire de l'outillage, plan de maintenance préventive, registre de prêt de matériel. Même avec un produit gratuit à un clic, nous comptons environ une inscription pour 10 à 12 téléchargements (autour de 10 %), ces inscrits-là essayant ensuite le logiciel. Plus de neuf personnes sur dix prennent la trame et restent sur le tableur. Le fichier que vous avez déjà et que vous comprenez bat le meilleur outil, même quand le meilleur outil est gratuit.
L'imprécision d'un tableur est de naissance. Les audits de terrain les plus rigoureux menés sur de vrais tableurs d'exploitation ont trouvé des erreurs dans au moins 86 % d'entre eux (Panko, EuSpRIG 2000, 367 tableurs, étude datée mais toujours l'audit le plus cité). Un tableur ne vérifie jamais qu'une ligne correspond encore à un équipement réel et trouvable : les erreurs s'empilent sans se voir jusqu'à ce qu'un inventaire ou un objet manquant les fasse remonter.
La perte est difficile à voir et coûteuse. Quand le tableur fait référence, ses erreurs deviennent du matériel manquant et du stock fantôme. Le coût se mesure mal sur des équipements, mais l'analogue le plus proche est le commerce de détail : la démarque inconnue américaine — le stock qui existe sur le papier mais pas en rayon — a représenté 1,6 % des ventes, soit 112,1 milliards de dollars, sur l'exercice 2022 (NRF National Retail Security Survey 2023 ; la NRF a suspendu ce rapport annuel après 2023, c'est donc le dernier chiffre comparable). Les montants de cette page restent dans la devise de leur source : ils sont publiés en dollars, et changer l'unité en gardant les décimales attribuerait à leurs auteurs une publication qui n'existe pas.
Les arrêts, c'est là que le mauvais suivi se chiffre à grande échelle. L'étude True Cost of Downtime 2024 de Siemens, menée sur les plus grandes entreprises du monde, est directe :
- Les Fortune Global 500 perdent environ 1 400 milliards de dollars par an en arrêts imprévus, soit 11 % de leur chiffre d'affaires, ou le PIB de l'Espagne.
- Une seule heure d'arrêt coûte 2,3 millions de dollars dans l'automobile, 36 000 dollars dans les produits de grande consommation, et jusqu'à 150 000 dollars chez les industriels de taille moyenne.
- Le coût horaire d'un arrêt a doublé en cinq ans (automobile +113 %, industrie lourde +319 %, contre 19 % d'inflation américaine entre 2019 et 2023).
- Une grande usine perd encore 27 heures par mois en moyenne, contre 39 en 2019 : mieux, et toujours plus d'une journée entière de production.
La fin de vie est le dernier angle mort. Le matériel coûte aussi de l'argent en sortant. Le Global E-waste Monitor 2024 des Nations unies (UIT et UNITAR) relève un record de 62 millions de tonnes de déchets électroniques en 2022, avec une trajectoire à 82 millions de tonnes en 2030, dont 22,3 % seulement documentés comme collectés et recyclés dans les règles — et des déchets qui augmentent cinq fois plus vite que le recyclage. Une bonne part, c'est du matériel informatique et professionnel réformé sans avoir jamais été comptabilisé. Le rebut est aussi le seul coût du cycle de vie que la plupart des entreprises paient isolément : beaucoup signent un chèque pour se débarrasser d'un équipement sans avoir jamais suivi ce qu'il a coûté à détenir — achat, maintenance, arrêts et réforme confondus. Sans enregistrement sur tout le cycle, le coût total de possession reste invisible jusqu'à la dernière facture. Une fin de vie propre — données effacées, valeur récupérée, rebut documenté — commence par un inventaire juste, le sujet de notre guide sur la destruction de matériel informatique.
Dimensionner le marché
Tout un marché du logiciel a poussé pour régler ces problèmes, et il est curieusement difficile à mesurer, parce que « la gestion de parc » n'est pas un marché. Selon où vous tracez la frontière, il recouvre plusieurs catégories logicielles qui se chevauchent, chacune mesurée autrement : on ne peut donner qu'une fourchette, pas un chiffre.
Pour les grandes entreprises, l'EAM est la catégorie large, et même là les analystes divergent.
- Grand View Research le valorise à 7,65 milliards de dollars en 2024 et le voit atteindre 19,68 milliards en 2030, soit 17,2 % de croissance annuelle moyenne.
- MarketsandMarkets est plus prudent : 5,87 milliards de dollars en 2025, 9,02 milliards en 2030, 9,0 % par an.
Les deux s'accordent sur le sens — croissance régulière portée par l'IoT, le cloud et le passage du correctif au prédictif — mais l'écart d'environ un facteur deux entre leurs prévisions 2030 explique pourquoi aucun chiffre de marché ne se prend au pied de la lettre.
Resserrez la frontière et vous arrivez à la couche la plus proche de ce que font vraiment les équipes. Le marché du suivi et de la supervision de matériel par IoT (capteurs, étiquettes, et le logiciel qui localise et surveille) pesait 5,02 milliards de dollars en 2024 et devrait atteindre 9,16 milliards en 2029, à 12,8 % par an (MarketsandMarkets, 2024).
Notre propre relevé de la demande confirme que l'appétit pour ces logiciels est réel : toutes catégories confondues — parc, stock, maintenance —, les recherches américaines tournent autour de 36 000 par mois. Une demande installée, pas un effet de mode.
La taille de l'entreprise décide de la suite. Les petites structures achètent de façon réfléchie : Software Advice a interrogé 181 acheteurs récents de logiciels d'immobilisations, dont la moitié environ sous les 50 salariés, et 42 % budgétaient de 210 à 410 dollars par mois, 68 % voulant un outil spécialisé plutôt qu'un module d'ERP — industrie, BTP et associations en tête.
Le terrain où ils choisissent est encombré. Les grands annuaires (Capterra, GetApp et Software Advice, qui partagent un même catalogue Gartner Digital Markets) recensent environ 360 à 460 produits de suivi du matériel, et à peu près 300 de plus classés en gestion des immobilisations. Les nouveaux venus arrivent sans discontinuer : Tracxn comptait 1 264 jeunes pousses du suivi d'équipements par IoT en juillet 2026, dont 338 financées et 146 en série A ou au-delà. Photographies de catalogue plutôt que données de marché dures, tous calibres d'éditeurs mélangés — mais la forme est nette : qui cherche un outil dédié a des centaines d'options à trier.
La plupart des jeunes pousses ne durent pas, et cette mortalité est un frein à l'adoption à part entière. Pour une PME, s'engager sur un outil dont l'éditeur peut disparaître dans un an ou deux est un vrai risque, et ça rend le départ du tableur plus difficile à justifier précisément pour celles qui gagneraient le plus à changer.
Les grandes organisations butent sur l'autre extrémité : passer sur une plateforme de gestion de parc complète ou sur un ERP est un projet à calendrier long, pas un achat. Le cloud et le SaaS ont nettement raccourci l'achat comme le déploiement — le rapport ERP de Panorama Consulting montre une mise en œuvre médiane qui tombe de 15,5 mois en 2024 à 9 mois en 2025-2026. Neuf mois, c'est encore très long pour monter un système, et les déploiements dérapent souvent : dans l'édition 2026, environ un quart des projets ont dépassé le calendrier et plus d'un quart le budget, le plus souvent sur des validations internes ou des besoins techniques imprévus. (Repères ERP au sens large, le substitut le plus proche des suites EAM que font tourner les grandes équipes matériel, faute de chiffre publié propre à la gestion de parc.)
Les tendances
Les équipes encore sur tableur sont l'exception dont le reste du marché s'éloigne, et quatre mouvements dessinent la suite.
Étiqueter l'équipement est le point de départ pratique. Peu importe comment vous l'enregistrez : le suivi ne marche que si l'objet porte une marque lisible. Quatre façons courantes — puces RFID, autocollants QR imprimés, étiquettes NFC, balises GPS — qui se distinguent surtout par le coût et le matériel de lecture. La RFID lit beaucoup d'objets d'un coup sans visée directe, d'où son adoption en entrepôt : la Global Warehousing Study 2023 de Zebra Technologies (plus de 1 400 responsables d'exploitation) trouve que 58 % prévoient de déployer la RFID d'ici 2028 et que 91 % investissent pour gagner en visibilité. Son hic, ce sont les lecteurs dédiés qu'elle réclame ; les étiquettes moins chères, lisibles au téléphone, l'emportent sur la plupart des parcs. Le QR code, lui, devient une infrastructure : l'initiative Sunrise 2027 de GS1 fait passer le commerce du code-barres 1D au 2D et au QR d'ici fin 2027, et les volumes de scan ont bondi de 20 à 50 % sur la plupart des marchés entre 2024 et 2025 (Bitly, 2026). Le NFC ne demande aucun lecteur : 65 % des smartphones sont déjà compatibles, en route vers 75 %, avec 1,7 milliard d'appareils NFC livrés par an d'ici 2028 (ABI Research). N'importe quel téléphone récent les lit sans matériel supplémentaire : ces deux-là sont la porte d'entrée pour la plupart des équipes. Ces chiffres d'adoption viennent du commerce, de l'entrepôt et du stock, parce que c'est là qu'on mesure le mouvement, mais le même basculement se joue dans l'étiquetage du matériel, pour la même raison : des étiquettes bon marché et un lecteur déjà dans toutes les poches. Les balises GPS occupent le haut de la gamme et gagnent leur place sur ce qui bouge vraiment — véhicules, remorques, engins de chantier qui demandent une position en temps réel plutôt qu'un scan à l'arrivée.
La dépense se concentre sur le suivi et la maintenance. L'analyse Asset Management Market de Grand View Research place le suivi de localisation et de mouvement en tête des fonctions (35,0 % du chiffre d'affaires en 2023) et la réparation et la maintenance en plus forte croissance (38,3 % par an en prévision), la couche solution — RTLS, codes-barres, GPS, étiquettes — pesant 54,7 % du marché. Géographiquement, l'Amérique du Nord tient la plus grosse part (33,0 % en 2023), tandis que l'Asie-Pacifique croît le plus vite (37,8 % par an en prévision). (Son chiffre d'affaires affiché couvre un périmètre bien plus large, aviation et infrastructures comprises : nous en citons la répartition par segment, pas la taille totale.)
L'IoT fait passer la maintenance du curatif au prédictif. Siemens estime qu'une adoption complète de la surveillance d'état et de la maintenance prédictive chez les Fortune Global 500 économiserait 2,1 millions d'heures d'arrêt par an, 388 milliards de dollars de productivité gagnée et 233 milliards de dollars de coût de maintenance en moins. Tout cela repose sur le fait de connaître l'état de chaque équipement avant qu'il ne lâche, ce qui commence par le suivre. Nos repères d'utilisation du matériel par secteur montrent l'écart d'une industrie à l'autre ; sinon, modélisez les vôtres avec le calculateur de maintenance.
L'IA dans la gestion de parc. Le State of ITAM Report 2026 de Flexera (512 professionnels de la gestion de parc informatique) rapporte que 48 % des organisations ont été auditées dans l'année, que suivre ou adopter de nouvelles applications d'IA est devenu le premier défi cité, par 84 % des répondants, et que 59 % constatent une dépense d'IA gaspillée en hausse. Pour l'instant, c'est plus une pression qu'un rendement : 31 % seulement déclarent avoir une visibilité réelle sur leurs logiciels d'IA aujourd'hui. L'IA se répand dans les parcs plus vite que les équipes ne la gouvernent ou n'en mesurent le retour. À mesure que le parc devient plus connecté et plus piloté par l'IA, savoir ce que vous possédez et où ça se trouve cesse d'être une tâche administrative pour devenir un problème de contrôle — et c'est ainsi que nous abordons la gestion de parc informatique.
Méthodologie et sources
Les chiffres sont rattachés sur place à leur source primaire. Quelques notes pour les lire.
- Les tailles de marché sont des estimations de cabinets et varient selon le périmètre. Nous citons Grand View Research et MarketsandMarkets, et donnons la fourchette plutôt qu'un chiffre unique.
- Les volumes de recherche sont des estimations, pas des comptages. Ils viennent du Keyword Planner de Google Ads (États-Unis, anglais, douze mois glissants jusqu'à juin 2026) : des moyennes arrondies par construction.
- Les chiffres d'enquête reflètent l'échantillon décrit (Zebra : plus de 1 400 répondants, 2023 ; Flexera : 512 professionnels ITAM, 2026 ; Software Advice : 181 acheteurs, 2023-2024 ; Wasp Barcode : dirigeants de petites entreprises, 2016-2017).
- Certains chiffres sont datés ou analogues, et nous le disons sur place. La répartition des outils en petite entreprise (Wasp) date de 2016-2017 et montre depuis combien de temps le schéma tient ; les erreurs de tableur sont une donnée universitaire (Panko, 2000) mais restent l'audit le plus cité ; la démarque inconnue (NRF, exercice 2022) clôt une série suspendue après 2023 et sert ici de substitut mesuré le plus proche de la perte de matériel, pas de mesure directe.
- Du rapport large « Asset Management Market » de Grand View, nous prenons les parts de segment et pas la taille affichée — son total en dollars couvre un périmètre bien plus vaste (aviation, infrastructures) que les chiffres cités ailleurs ici.
- Les chiffres QR et NFC sont des données d'adoption, pas des mesures propres au suivi du matériel. Aucune source primaire ne mesure l'usage du QR ou du NFC pour suivre des équipements, donc nous citons les signaux larges — croissance des scans, transition 2D de GS1, pénétration du NFC — qui rendent praticables les étiquettes lisibles au téléphone.
- Les chiffres de première main sont les données observées d'UNIO24. Le rapport entre téléchargements de trame et inscriptions vient de nos statistiques de site, arrondi en fourchette ; c'est un signal de direction sur l'adhérence du tableur, pas un taux de conversion précis.
- Les comptages d'éditeurs et de jeunes pousses sont des photographies. Les chiffres d'annuaire (Capterra, GetApp et Software Advice partagent un catalogue Gartner Digital Markets) et le traqueur Tracxn couvrent tous les calibres d'éditeurs et bougent avec le temps : ils donnent la forme du terrain, pas un recensement.
- Les durées de mise en œuvre sont des repères ERP, utilisés comme substitut de l'EAM. Aucune source primaire ne publie de durée propre à la gestion de parc, donc nous citons le rapport ERP de Panorama Consulting : les grands déploiements EAM sont menés comme des projets ERP, ou à côté.
Sources :
- Global E-waste Monitor 2024 des Nations unies (UIT/UNITAR)
- Siemens, The True Cost of Downtime 2024
- Grand View Research, Enterprise Asset Management Market
- MarketsandMarkets, Enterprise Asset Management Market
- MarketsandMarkets, IoT-based Asset Tracking & Monitoring Market
- Zebra Technologies, 2023 Global Warehousing Study
- Flexera, 2026 State of ITAM Report
- NRF, National Retail Security Survey 2023
- Panko, Spreadsheet Errors (EuSpRIG 2000)
- Wasp Barcode, State of Small Business Report
- Grand View Research, Asset Management Market
- Bitly, State of QR Code Scans 2026
- GS1 US, Sunrise 2027
- ABI Research, NFC Forum technology roadmap
- Panorama Consulting Group, ERP Report (2024 et 2026)
- Keyword Planner de Google Ads
Citer cette page
Un chiffre vous a servi ? Vous pouvez citer ou reprendre ces données, avec attribution et un lien vers cette page :
Statistiques de gestion de parc 2026, UNIO24. https://unio24.com/fr/blog/statistiques-gestion-de-parc




